
I'd like to make myself believe.
Des fois, je me dis que je ne suis pas née dans la bonne famille. C’est sans doute vrai, je ne me suis jamais sentie à ma place chez les Blackbird. Commençons par le commencement. A l’époque je n’étais qu’une enfant, je ne comprenais rien à la vie et c’était sans doute mieux comme ça, malgré que ça soit beaucoup plus douloureux à digérer en grandissant. Au fond de moi, je savais que je souffrais, je souffrais horriblement. Mon cœur faisait boum boum constamment, il battait à tout rompre comme si d’une minute à l’autre j’allais mourir d’une balle dans la tête. Par exemple, le matin en me réveillant, je n’allais pas rejoindre ma mère dans son grand lit d’argent comme dans tous les films ou familles normales. Non, moi j’allais directement poser mes petits pieds devant la chambre de ma sœur. Elle me souriait me faisant signe de la rejoindre puis après cela, il n’y avait plus besoin de mot, c’est comme ci nos esprits étaient connectés. Après quelques minutes de détente, c’était la course à la maison. Nous devions nous préparer pour aller à l’école, sa sœur m’emmenait à l’école après avoir déposer mon grand frère dans la sienne. Je voyais toutes les petites filles de mon âge accompagnées de leurs parents mais moi, j’étais sans doute une exception. Mon père, je me demandais si j’en avais réellement un, peut-être que non. Il était toujours sur les routes pour son travail qui était apparemment plus important que sa famille. En tout cas c’est-ce que j’entendais de la bouche de ma sœur quand elle parlait avec ma mère. En parlant de maman, tous les matins, je la retrouvais allongée sur le canapé. J’avais beau la secouer l’appelant pour qu’elle se réveille, m’embrasse et me prépare un petite déjeuné, même mes larmes ne la réveillaient pas. Tous les jours c’était la même chose, elle se retrouvait ici et quand elle n’y était pas, elle était au bar dans le salon. J’aurais tant voulu avoir une famille normale, une famille où ce sont les parents qui s’occupe de leurs enfants et non l’inverse. Ce n’était pas juste, Hazel, oui c’était elle la seconde mère chez nous. Elle était superbe ma grande sœur, toujours le sourire aux lèvres, ce sourire qui voulait dire « Ne vous en faite pas, tout va bien. Tout va toujours très bien. On va s’en sortir. » J’étais encore trop jeune pour lui dire « Hey, ouvre les yeux. C’est notre vie, rien ne changera jamais. » C’est injuste. Cependant, il y a des matins différents. Pas dans le bon sens certes quoi que, pour une petite fille, on n’y voit qu’avantages. C’était en avril il me semble, les rayons du soleil percés le dessous de ma porte ce qui me donner le feu vert pour me lever. Je voulais faire une belle surprise à Hazel et Luka aujourd’hui. Direction la cuisine pour préparer tartines et jus d’orange mais pour cela, il fallait passer par le salon où ma mère avez encore rendez-vous avec son canapé chéri. En ce beau jour, elle était dans un état pitoyable, encore plus que d’habitude. Je n’en pouvais plus, la voir comme ça vingt quatre heures sur vingt quatre me rendais réellement malade. Les larmes aux yeux, je repartis d’où je venais mais m’arrêter au passage dans la chambre d’Hazel. Elle comprit tout de suite la scène que je venais de vivre et me serra contre elle pour me rassurer. J’avais à peine 13 ans, je savais très bien qu’avec le temps, rien n’allait chercher. Rien ne changerait jamais. Une dizaine de minutes plus tard, c’est Luka qui vint nous rejoindre mais avec une mauvaise nouvelle. Il ne le dit pas clairement mais, je le compris d’abord à son regard qui semblait si perdu puis, au départ de Hazel qui lui demanda de veiller sur moi. Je n’avais plus trois ans, je pouvais tout de même d’occuper moi-même mais, aujourd’hui j’avais besoin d’eux. Jamais je n’aurais pu survivre dans des conditions pareilles sans eux. Je regardais alors mon frère en souriant. « Je parie qu’on a pas cours aujourd’hui. » C’est toujours notre sœur qui nous déposait dans nos écoles respectives. Il me répondit d’un soupire et d’un hochement de tête. « Qu’est-ce qu’elle a maman ? » Je n’eus pas de réponse tout de suite, il semblait réfléchir. Un claquement de porte se fit entendre ce qui me fit sursauter et des ombres se dessinèrent sur la tapisserie ce qui me prévenait que quelqu’un venait de sortir. Je voulus aller voir par la fenêtre mais une main m’agrippa le bras, m’empêchant de bouger. « Tu veux faire quoi aujourd’hui ? » Ce n’est pas vraiment la réponse que j’attendais mais, je ne peux pas dire que ça soit la dernière non plus. Mes larmes recommencèrent à rouler sur mes joues sans que je puisse les commander. Luka me serra contre lui tout comme Hazel le faisait quand je me sentais mal. Est-ce que cela changea un jour ? Qu’est-ce que l’avenir me réserve ?

Don't Stop believing.
J’ai changé. Je veux dire, j’ai grandi et mon caractère aussi. Je ne suis plus la petite fille souriante, gentille avec tout le monde, aimée de tous et super sensible. Non, celle-ci est rayée de ma vie, elle ne fera plus jamais surface. Qui suis-je maintenant ? Et bien, je suis moi-même. Une jeune femme qui ne croit plus au conte de fée et autres rêves. Une petite peste qui ne fait que des conneries parce qu’elle a enfin compris qu’on avait qu’une vie, qu’il fallait en profiter et faire payer les gens qui vous ont fait du mal. On dit souvent qu'une droguée donne naissance à une petite fille qui le deviendra à son tour en grandissant. Ce n'est pas faux. Tout a changé dans ma vie au départ de ma sœur. D’abord, j’ai du prendre sur moi, aider ma mère à remonter la pente et me comporter comme une grande fille alors que je n’étais pas si grande que là au fond. En vain, mes efforts n’ont servi à rien parce que ma mère est décédée d’une overdose, Hazel n’est revenue qu’après ça. Je lui en veux. Je lui en veux énormément de nous avoir laissé seuls face à ça. Elle a préféré s’enfuir, partir loin de sa famille et travailler tranquillement dans son coin. Elle nous a abandonné mon frère et moi et ça, ça me reste en travers de la gorge. Luka lui n’a jamais eu la même vision que moi, il me répétais sans cesse qu’elle avait une vie. Qu’elle devait poursuivre ses rêves parce qu’elle s’était assez occupée de nous. J’avais beau lui dire qu’on avait besoin d’elle quand elle est partie ou plus particulièrement moi, il ne voulait rien entendre. Comme-ci je ne pouvais jamais avoir raison. Quand elle est enfin revenue, au décès de maman, même si au fond je tenais responsable notre père de tout ce qu’il arrivait et bien, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. J’avais l’impression que tout ce qu’elle avait fait pour moi, elle l’avait fait à contrecœur ou dans l’intérêt de sa carrière de mannequin. Je suis trop entêtée pour l’admettre mais, elle a toujours été un modèle pour moi. Tout ce qu’elle entreprend, elle le réussit et de mon côté, mon impatience gâche toujours tout. « Lux, t’es avec nous ?! » Oh ! Perdue dans mes pensées, je les avais complètement oublié ces deux là. Ces deux là ? Ben oui, mes meilleures amies, celles qui sont toujours là pour moi. Je me trouve en ce moment dans le couloir principal du lycée, dans mon monde quoi. Ici, je peux être moi-même, une vraie garce superficielle à ce qu’on dit. Au moins, je suis respectée et puis, je fais ce que je veux quand je veux, où je veux. N’exagérons rien non plus. « Oui, désolé. J’étais entrain de penser à… A la fête que j’organise ce soir. » Pure mensonge bien sur mais bon, il fallait que je trouve quelque chose. Je l'allais tout de même pas leur sortir quelque chose de nostalgique, quelque chose qui anéantirait peu à peu ma réputation. Comment allais-je m’en sortir maintenant ? Surtout qu’elles étaient toutes deux super excitées à l’idée que j’organise une fête en plein milieu de l’année pour aucunes occasions précises. « A un détail près, où elle aura lieu cette fête ? Je te rappelle que tu ne vis pas seule. » Voila, elle avait tout compris elle au moins. Je devais très vite trouvé une solution et, sur un coup de tête, je lui répondis fièrement. « A ton avis ! Au lycée ! Il suffit juste d’obtenir les clés, prévenir tout le monde et leur demander d’apporter des trucs pour faire la fête. » Des trucs pour faire la fête ça voulait bien entendu dire alcool, drogue et garçons. J’eus ce sourire diabolique, celui qui voulait dire que la fête commence ! Ensuite, la sonnerie retentit et je m’arrêtais nette pour distribuer les tâches. Elena et Beth se chargeraient des invités et moi, j’irais discrètement dans le bureau du proviseur pour récupérer les clés de l’établissement, indispensable pour faire cette soirée. J’étais plutôt douée pour ce genre de chose. Nous nous séparions pour accomplir notre mission. Je cherchais désespérément mon portable dans mon sac pour trouver un moyen de me retrouver dans le bureau. Un truc que les surveillants détestent par-dessus tout, que l’on téléphone dans les couloirs ou bien, la musique à fond. Allez savoir pourquoi les gens sont aussi rabat joies à notre époque. En chemin je croisais ou plutôt fonçais dans une personne qui m’était complètement inconnue. D’accord, je ne connais pas tout le monde ici malgré que tout le monde me connaisse. « Hey ! Tu ne peux pas regardée où tu marches ! » Oui, à m’écouter, les autres étaient toujours en tords et moi, j’avais toujours raison mais, quand je redressais la tête, je regrettais de suite mes paroles. « Tu dois être Lux Blackbird. » Il affichait un sourire qui me laissais bouche bée de plus, comment me connaissait-il ? Habituellement, j’aurais attendu de excuses, me serais énervée mais, il avait quelque chose qui me faisait totalement craquer. Stop ! Assez rêvé. « Comment tu l’as deviné ? » J’avais enfin retrouvé mon portable. Je le sortis de mon sac sans quitter des yeux celui qui me faisait face à cet instant. « J’ai beaucoup entendu parler de toi et, pas beaucoup en bien je dois dire… » Il croisa les bras en ossant les sourcils en attendant que je me défende ce que je ne fis point. Pourquoi ? Parce que je ne pouvais pas, c’était la stricte vérité. Je n’étais pas le genre de fille à penser beaucoup de temps à la bibliothèque, à avoir des bonnes notes ou un comportement irréprochable. J’étais loin d’être parfaite. « Si j’étais toi, je partirais avant de me faire choper ! » Je n’eus pas le temps de répondre, il s’éclipsa et deux secondes plus tard mon portable qui mit à sonner aussi fort que sonnerait la cloche d’une église ou la sirène d’une alarme. Un message. « On se voit ce soir. » A tous les coups, c’était lui. Au même moment, le directeur du lycée vint à ma rencontre très mécontent. Je pouvais le lire dans son visage et aussi… « Mademoiselle Blackbird ! Veuillez m’attendre dans mon bureau ! » Voila comment je me suis retrouvée ou je suis maintenant. J’ai du retourné le bureau de fond en comble pour mettre la main sur la clé de la salle des fêtes du lycée. Par chance, le proviseur mit un certain temps avant de revenir en charmante compagnie. Comme un signe du destin, revoilà le bel inconnu au sourire d’ange. « Mademoiselle, vous avez de la chance que j’ai retrouvé ce jeune homme entrain de fumer dans les couloirs de notre établissement, sans quoi, vous auriez passé un mauvais quart d’heure ! » Je ne pus échapper un rire. C’était trop drôle à voir, enfin un adversaire à ma taille. Je sortis donc du bureau en chuchotant : « A ce soir ! » Une belle fête allait être organisée et vous savez la meilleure ? J’en étais à l’origine.

Imagine there's no countries.
Des fois, je rêve que ma vie peut encore changer mais, ce n’est qu’un rêve. Je rêve que je suis quelqu’un d’autre, que je suis le portrait craché de ma sœur et non le mien, non ce que je suis maintenant. Quand je me réveille le matin, je m’aperçois que je suis toujours prétentieuse, froide, une garce. Je me lève pour oublier cette évasion et revenir à la réalité. C’est encore la queue à la salle de bain, vivement que j’ai ma maison à moi. C’est pas gagné, je suis loin de ce que je veux faire. Quand j’étais petite, je voulais faire la même chose que ma sœur, être sur tous les panneaux publicitaires, être reconnue mondialement, être une grande mannequin. Mais, j’en veux tellement à Hazel que j’ai changé d’avis, maintenant j’aimerais être psychologue pour aider les personnes parce que, moi, j’aurais bien aimé que quelqu’un m’aider quand j'en avais besoin. C’est simple à dire mais plus compliqué à faire. Quand j’eu enfin la salle de bain vide, je pris une bonne douche froide. Rien de telle pour me réveiller et passer une bonne journée. Ma bonne journée fut vite rattrapé par la réalité. C’était en fin d’après midi. Je trainais avec les amis dans les rues de Sidney quand l’un d’entre eux, Matt, eut la bonne idée de trouver une occupation on ne peut plus occupante. Matt ? Ben oui, vous savez le bel inconnu dont je vous ai déjà parlé. On est devenus très amis tous les deux et maintenant, nous sommes presque inséparables. Bref, son excellente idée était d’aller volé des clopes dans le bureau de tabac du coin. Au début, c’était amusant, excitant jusqu’à ce que l’on se fasse prendre par les flics. Là, j’étais mal barrée. J’allais surement passer un mauvais moment si Hazel et Luka l’apprenaient ce qui me tarda pas à arriver. Il devait être sept heures quand on me ramena chez moi, ma sœur avait l’air furieuse que je sois accompagnée de ces deux policiers. Elle les remercia gentiment puis ferma la porte en me lançant un regard noir. Je m’étais assise tranquillement dans le canapé, les bras croisées mécontente de m’être fait chopée. « Avant que tu dises quoi que ce soit, je n’ai rien fait de mal c’est M… C’est pas ma faute ! » Je me levais et montais les escaliers en tapant du pied, le laissant pas le temps à Hazel de me répondre. Quelques minutes plus tard, je redescendis et m’installais sur la table du salon pour me faire les ongles. Ma sœur était installée dans le canapé et me regardait en hochant la tête du genre « Tu t’y prends mal, je sais mieux le faire que toi. » Je déteste ça ! Je hoche donc la tête dans l’autre sens pour lui montrer que je lui en voulais. Que je lui en voudrais tout le temps. Je me relevais donc une nouvelle fois pour faire semblant de montrer dans la chambre sauf que cette fois, je restais derrière la porte à écouter ce que disait Luka à Hazel. Ils s’entendaient trop bien tous les deux. J’avais l’impression de ne plus faire partie de cette famille depuis la mort de maman, peut-être que c’était le cas. Quand le téléphone sonna, je me précipitais vers celui-ci pour décrocher. « Allô ?! » Une voix me demanda Hazel Blackbird. Ce n’est pas comme ci j’attendais un coup de fils. Oh ça non ! Mais, ça avait tout de même le don de m’énerver. Je lui tendais donc le téléphone sans la regarder, sans même adresser un sourire ou un mot avant de rejoindre Luka sur le canapé. Elle, elle partit dans la pièce d’à côté pour répondre et parler tranquillement sans que nous l’écoutions mais, malheureusement pour elle, on entendait tout. Je craquais. J’en avais tellement marre. C’était toujours pareil, elle n’avait dieu que pour son travail et sa famille passait au second plan. Mes larmes se mirent à couler comme le ferait une fontaine ou un ruisseau à la réception des mots : déflié, samedi et j'y serais. « Je n’en peux plus, on ne compte plus pour elle. Des fois, je me demande si elle se souvient qu’elle a une famille. » Je faisais maintenant les quatre cents pas dans le salon et Luka, lui, il restait zen. Comme toujours, il prenait sur lui pour ne pas m’étranger. Cela faisait un moment que nous nous comprenions plus tous les deux. Pourtant, il fut un temps où nous étions proches, très proches. Quand Hazel était partie, c’est lui qui c’était occupé de moi. « Tu ne comprends pas. Elle s’est assez occupée de nous. Elle a le droit de vivre sa vie maintenant et puis, tu sais qu’elle le fait pour nous. » Quelques secondes après ces paroles, notre sœur fit son entrée. « C‘est toujours la même chose. ça ne changera jamais. » Après avoir adressé ces dernières paroles à Luka, je fis face à Hazel pour la première fois depuis aujourd’hui puis, je pris la fuite parce que c’est-ce que je savais le mieux faire.