21 Janvier 1990, 03h00 du matin, Paris.
Cette nuit-là, la famille Fitzgerald accueillit un petit ange, née à l'heure des démons. Une petite fille du nom d'Auriane Désirée. Très français, n'est-ce pas? Pourtant, la petite fille ne connaîtra pas la France très longtemps. La France, elle aurait aimé la connaître plus, y passer plus de temps. Elle regrette toujours de ne pas y être retourné depuis.
En effet, jusqu'à l'âge de 16 ans, Auriane crut qu'elle vivait avec sa véritable famille. En fait, non. Dés 6 mois, elle fut confiée à une autre famille, faute de la maladie mentale de son père, atteint de schizophrénie. Les médecins avaient toujours déconseillé à la mère d'Auriane de ne jamais avoir d'enfants avec cet homme. Les conseils n'ayant pas été suivis, il arriva ce qu'il devait arriver: son père assassina un agent de police tandis qu'il avait provoqué une émeute dans les rues de Paris.
Aussitôt, il fut envoyé en prison et Auriane, fut confiée à son oncle, frère de son père.
L é o n i e « Aaron... C'est moi. »
A a r o n « Léo'? Tu sais quelle heure il est, ici? »
L é o n i e « Je sais, je suis désolée. J'ai oublié le décalage horaire. Mais j'ai quelque chose de très important à te demander. »
A a r o n « Ca peut pas attendre demain? »
L é o n i e « S'il te plait. C'est pour Auriane. »
A a r o n « Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? »
L é o n i e « Il va falloir que tu t'occupes d'elle pendant un moment. »
Un long moment? Oui, un très long moment, puisqu'il s'agissait de la vie entière. Léonie prit le premier vol pour Sydney, afin de trouver Aaron et sa fiancée, pour lui confier Auriane. Quand elle était arrivée à Sydney, elle savait déjà qu'elle ne resterait pas longtemps. Elle quitta l'Australie pour retourner en France, se charger de faire libérer son mari. Mais quitter sa fille, c'était la chose la plus dure en ce monde. Aaron et sa femme étaient, de toute façon, heureux de l'accueillir. Mais voir sa soeur dans cette situation, ça lui arrachait le coeur. Pourquoi retourner en France pour aider un assassin? Pourquoi ne pas rester ici, à Sydney, avec sa fille et son frère? Le bonheur serait au rendez-vous, là. Pas en France.
A a r o n « Pourquoi rentrer pour l'aider? »
L é o n i e « C'est mon mari, Aaron. »
A a r o n « Et toi, ma petite soeur. Je refuse de te voir malheureuse. Tu m'as laissé Auriane. Le mieux pour une fille, et tu le sais, c'est de grandir avec sa mère. »
L é o n i e « Quand elle aura l'âge de comprendre, dis lui qu'elle ne quittera jamais mes pensées. »
Léonie quitta l'Australie, laissant définitivement sa fille aux bras de son grand frère et de sa belle-soeur. Le retour en France promettait d'être dure...
Auriane grandit donc à Sydney, pensant que son oncle était en réalité son père. Elle était proche de lui comme s'il était son véritable père. Et, même s'il faisait tout pour l'être, il ne l'était pas. Ca ne faisait pas de lui son père biologique. Et savoir qu'en réalité, ses vrais parents, étaient certainement morts, ça attristait énormément Aaron.
Alors voilà, la vie continuait. Aaron n'avait pas de nouvelles de sa soeur, mais il menait une belle vie, avec sa nièce et sa femme. Il voyait grandir Auriane si rapidement qu'il ne savait pas trop comment s'y prendre, surtout lorsque l'adolescence, la dure période, arriva.
A 12 ans, Auriane rejoignit l'équipe de basket de son école en tant que pivot, et elle y resta durant toute sa scolarité. Le basket, c'était son moyen de décompresser, avant de découvrir l'existence de l'alcool et des cigarettes. Car, une fois l'âge requis atteint pour faire toutes ces choses, elle en profita. Que son "père" soit d'accord ou pas.
A 16 ans, elle découvrit toute la vérité lorsqu'elle trouva une lettre de sa mère dans un carton poussiérieux, dans le grenier de la belle maison où elle vivait.
- Citation :
- « Cher Aaron,
Ca fait déjà 5 ans que je suis venue te laisser Auriane.
Je suppose que tu dois te faire un sang d'encre. Alors voilà quelques nouvelles de moi.
Jonathan est toujours en prison. La sentence a été prononcé. C'est la perpétuité...
C'est triste de se gâcher à ce point. J'ai perdu ma fille et maintenant, je perds mon mari. Je me sens loin de tout. Je sais qu'il me suffit de prendre un billet d'avion pour Sydney pour vous rejoindre, toi et Auriane.
J'aime Auriane. Oh ça oui, je l'aime. La nuit encore, quand je m'endors, je revois ses petits yeux brillants et son petit sourire. Ses petites mains, ses petites jambes. Je me revois en train de la prendre dans mes bras, de changer ses couches.
Elle me manque, mon Dieu qu'elle me manque... J'donnerai tout ce que j'ai pour revenir, mais je suis ruinée. Les docteurs m'ont trouvé une sorte de tumeur au cerveau. Ils ne savent pas si je sortirai vivante.
En tout cas, si ça doit se passer comme ça, je souhaite quand même qu'Auriane sache la vérité, quand elle sera plus grande.
Comment elle va? Est-ce qu'elle grandit vite? Elle doit avoir 5 ans maintenant. Et je suppose qu'elle doit être bavarde, comme moi. Non?
Si tu pouvais me joindre une photo d'elle en réponse, que je puisse avoir une idée du visage qu'a ma fille, ce serait vraiment bien. Même loin, je continue de penser à elle.
Aaron... Tu me manques toi aussi. J'espère que tout va bien avec ta femme. Je pense à vous et à votre petit bonheur. Dommage, moi, il m'a filé entre les doigts.
Je te laisse. Pourvu que cette lettre arrive à bon port.
Je t'aime.
Embrasse Auriane pour moi.
Léonie. »
C'est comme ça qu'Auriane comprit qu'elle n'était en réalité qu'avec des imposteurs. Des gens qui n'étaient pas ses vrais parents.
Après avoir lu cette lettre, une longue conversation avec son oncle s'en suivit, afin qu'elle comprenne la vérité. Mais c'était déjà trop tard. Sa mère était décédée de sa tumeur déjà 2 ans auparavant. Auriane ne s'en remit pas, et ne s'en remettra jamais. En fait, ce qui fait d'elle ce coeur de pierre incapable de s'attacher vraiment aux gens, c'est la frustration de ne pas avoir eu une maman comme toutes les autres filles qu'elle connaissait. La frustration de ne pas avoir eu droit à sa vraie famille. Elle se dit que les gens ne méritent pas qu'on leur apporte de l'importance. Réaction égoïste, certes, mais réfléchie.
Auriane se disait toujours qu'elle ne trouvera jamais une personne à qui elle pourrait vraiment s'attacher, jusqu'à ce qu'elle rencontre une exception.
Un beau blond, grand, qui faisait la queue au supermarché pour la caisse. Elle était arrivée avant lui, ou bien était-ce le contraire. Mais qu'importe, ils s'étaient disputés. Qui passera le premier? Au lieu que ça finisse en bagarre, ça a finit devant un verre, dans un bar. Il y a cinq mois, ce garçon, nommé Elyas, changea un peu la routine de notre belle brune.
Elle qui pensait ne jamais pouvoir montrer de l'importance à une personne, c'est rapé lorsqu'il entra dans sa vie.
Depuis, elle a une relation assez compliquée avec lui. C'est son meilleur ami quand ils ne s'embrassent pas. Mais il y a une chose qui chagrine Auriane, c'est qu'Elyas boude trop facilement. Et Auriane ne sait jamais pourquoi. Elle voudrait pouvoir entrer dans sa tête, et découvrir ce qui chagrine Elyas. Car quand Elyas ne lui adresse pas la parole pendant longtemps, elle est blessée, elle est triste.
Pourtant, rien à faire, il ne veut pas lui dire ce qu'il se passe...
Et elle, elle oublie aussitôt.[/b]